Entre janvier et juin 2026, environ 690 millions de touristes internationaux ont voyagé dans le monde, à peine 0,4 % de plus qu'un an plus tôt. La Caraïbe dans son ensemble n'a pas progressé (0 %). Sa principale destination, la République dominicaine, affiche une hausse de 10 % (Source : ONU Tourisme, Baromètre du tourisme mondial, septembre 2026, données provisoires). Autrement dit, le pays a progressé vingt-cinq fois plus vite que le tourisme mondial, dans une région restée à l'arrêt.
Un record, porté par l'avion
De janvier à août, le pays a reçu 8 556 415 visiteurs, en hausse de 6,9 % : 6 610 258 touristes arrivés par avion (+8,6 %) et 1 946 151 croisiéristes (Source : Ministère du Tourisme, MITUR, conférence de presse du 13 septembre 2026).
La hiérarchie compte. Sur les 551 852 visiteurs supplémentaires par rapport à 2025, les croisiéristes n'en représentent que 26 646. Plus de 95 % de la croissance de l'année vient de l'avion, c'est-à-dire des visiteurs qui dorment sur place et remplissent les hôtels et les locations.
Le premier semestre et le +10 % de l'ONU Tourisme ne se comparent pas directement aux chiffres du MITUR : pour les six premiers mois, le ministère annonçait 6 616 671 visiteurs, croisiéristes compris, en hausse de 7,7 %. Les deux institutions ne mesurent pas le même périmètre.
Le signal d'août
De janvier à juillet, 5 885 025 visiteurs internationaux sont arrivés par les aéroports, en hausse de 9,4 % (Source : Banque centrale, BCRD, août 2026). En août, les touristes arrivés par avion n'ont progressé que de 2,6 %, à 725 560 (Source : MITUR, 13 septembre 2026). Le rythme de l'aérien a été divisé par plus de trois d'un mois à l'autre.
Le total d'août affiche pourtant +6,2 % (856 858 visiteurs). Ce chiffre est porté par les croisières : 131 298 passagers, +31,9 % sur un an (Source : MITUR, 13 septembre 2026). Or un croisiériste passe quelques heures à terre et ne dort pas sur l'île.
Un seul mois ne fait pas une tendance. Août reste d'ailleurs un record historique pour l'aérien, avec près de 46 % de touristes de plus qu'en août 2019 (Source : MITUR, 13 septembre 2026). Les chiffres de septembre, attendus mi-octobre, diront si le ralentissement se confirme.
Ce que cela signifie
Pour l'investisseur, notamment dans la location touristique : la demande reste à un niveau record, mais sa croissance, celle qui justifie les projections de rendement, ralentit sur le segment qui remplit les nuitées. Les chiffres qui comptent sont ceux des arrivées par avion, pas le total des visiteurs mis en avant dans les annonces.
Pour les institutions : en août, les États-Unis représentaient 44 % des arrivées (Source : MITUR, 13 septembre 2026). Une destination qui croît dix fois plus vite que sa région dépend d'autant plus de la santé d'un seul marché émetteur. L'ONU Tourisme ne prévoit plus que 1 à 2 % de croissance mondiale en 2026, contre 3 à 4 % annoncés en janvier (Source : ONU Tourisme, septembre 2026).
Pour le résident : rien ne change à court terme. La haute saison, de décembre à avril, reste l'indicateur à suivre, et ses premières données tomberont en janvier.
Sylvain Maufrais